Sur les traces des Jacquets 

L'important ce n'est pas le but, l'important c'est le chemin. 

L'Europe par les Chemins de St-Jacques de Compostelle 

Caminoropa 

 

 

 A propos - Contact - Accueil                                                                               Copyright 2019                                                                                         

de la capitale de la Franche-Comté à la ville-abbaye - avril 2014 

Besançon - Losne     

85 km 

  

La visite de la vieille ville de la capitale comtoise, enserrée dans une boucle du Doubs, en vaut vraiment la peine. L’église St-Jean se dresse juste en-dessous de la célèbre citadelle et le CHU de St-Jacques à proximité fait office de point de départ naturel pour cette escapade pascale. Dans la cour d’honneur trône une grande statue en pierre de St-Jacques le Majeur, du 18e s. A la fin des travaux de construction, en 1703, il faisait lieu d’un des plus beaux hôpitaux du royaume. Je me mets en route et réussis, quoique assez péniblement, à laisser derrière moi les artères à grand trafic et enfin rejoindre les doux paysages franc-comtois. Quel régal de se sentir tellement plus libre et en harmonie avec la nature environnante. Mon premier but est le village de Marnay. Son église abrite une statue de St-Jacques. Malheureusement ses portes sont fermées et je me contente de photographier en souvenir le panneau placé en face, indiquant que 2000 km séparent encore les pèlerins de St-Jacques de Compostelle. 

 

 

Les petits villages tels que Morogne et Pagnay se succèdent paisiblement, jusqu’à l’Abbaye cistercienne d’Acey, où je m’octroie une pause et une visite de  ses nobles murs. Un sympathique moine appose un tampon sur ma credentiale et je poursuis par des charmants paysages vallonnés. Je renonce à suivre le balisage avant Brans, car le chemin semble peu propice aux vélos. Comme le temps avance, je me contente dès lors de contourner par sa base, à travers bois, le Mont-Roland. La suite du chemin descend tout doucement jusqu’aux rives de la Saône, terme de cette première journée.  

 


 

Losne  - Chagny    

77 km 

 

 

Le ciel est dégagé de tout nuage, toujours balayé comme la veille par un vent froid. Je franchis la Saône et traverse St-Jean-de-Losne, après une visite de l’église, puis rejoins Brazey-en-Plaine sur des routes asphaltées. En entrant en Bourgogne, le balisage indique la direction à suivre vers St-Jacques, ce qui n’était pas le cas en Franche-Comté. L’étape principale est l’Abbaye de Cîteaux, qui fut fondée au 11e s. Elle a connu un exceptionnel essor grâce à Bernard de Clairvaux. Elle a été et est encore de nos jours la maison-mère de l’ordre des Cisterciens. Malheureusement la révolution française est passée avec son lot de destruction. L’église a été reconstruite dans un style très moderne mais également très lumineux. Après cette pause spirituelle et historique, je continue en direction des vignobles de la Côte d’Or, en premier par Vougeot et son célèbre «clos», qui produit un des plus fameux crûs de Bourgogne. Je pique-nique à l’ombre des murs du domaine puis, à partir de là, je suis le «GR des grands crus», en faisant une halte à Nuits-St-George et dans sa très belle église St-Symphorien, qui présente un autel avec un médaillon de St-Jacques. J’arrive à Beaune en début d’après-midi. Je prends évidemment le temps de parcourir les ruelles de la vieille ville et de visiter l’Hôtel Dieu, bâti en 1443, soit pendant la guerre de cent ans, par le chancelier du duc de Bourgogne, Nicolas Rolin, avec son épouse. Il s’agit d’un impressionnant bâtiment, semblable à un palais qui fut destiné aux pauvres. Le chemin se poursuit par la traversée d’autres grands vignobles, tels que Pommard et Savigny-les-Beaune, toujours jalonné par de belles croix en pierre, jusqu’au joli village de Chagny. 

 



 

Chagny - Cluny      

73 km 

  

Une petite pluie s’est mise à tomber sur la région ce matin. Cela m’incite à moins flâner en chemin mais je vais malgré tout me laisser prendre par la beauté de ces paysages bourguignons. Après le village de Mercurey, je m’enfonce dans une région plus vallonnée, en prenant soin de me tenir à l’écart des routes trop fréquentées. L’effort est plus marqué mais les différents points de vue depuis les hauteurs en valent vraiment la peine.  

  

Je roule dans la vallée des Vaux jusqu’aux environs de St-Désert puis rejoins Buxy et les vignobles du Mâconnais. Dans le joli village au doux nom de Culles-les-Roches, je mange mon casse-croûte, au départ de la Voie verte, une ancienne voie de chemin de fer abandonnée. Je franchis une vallée sur un très beau viaduc en pierre et arrive à St-Gengoux-le-National, où je remarque des coquilles à une belle fontaine sur la place du village. Par la suite, malgré mon intention de ne pas m’éloigner de la Voie verte, je finis par suivre les balises du chemin, lequel est pourtant prévu pour les piétons uniquement. Cela me vaut des passages sur des sentiers très caillouteux peu adaptés à mon moyen de transport, mais je parviens malgré tout à mes fins. Je suis seulement passé à l’écart du célèbre lieu de retraite de Taizé. D’ailleurs, un automobiliste va s’arrêter près de moi pour me demander si je suis de la région car il cherche également l’endroit. Je ne peux donc pas le renseigner valablement mais au moins je reçois la confirmation que je ne suis plus très loin du but final de mon petit pèlerinage, Cluny. J’y arrive par les collines sous un ciel menaçant mais sec. L’endroit est empreint de majesté, même s’il n’a plus beaucoup de chose à voir avec son âge d’or. L’abbaye a été fondée en 910 par Guillaume le Pieux, duc d’Aquitaine, et a connu un développement considérable jusqu’au XIIe s. Elle est devenue la maison mère de plus de 1000 monastères, s’imposant comme le siège du plus grand ordre monastique d’Occident. Les moines ont quitté les lieux à la Révolution et les bâtiments ont été vendus peu après, ce qui a marqué le début du démantèlement de l’église. Heureusement les ruines ont été sauvegardées à partir de 1821 et classées monument historique 50 ans plus tard. 

En cette année 2014, j’ai planifié de parcourir en France deux itinéraires rejoignant les célèbres points de ralliement de pèlerins au Moyen Age, Cluny et Vézelay. Ces lieux chargés d’histoire ne devraient pas être mon point de départ pour Compostelle, mais j’ai ressenti une grande envie de les connaître car ils font partie de la grande Histoire du Chemin et des hommes et des femmes qui l’ont parcouru depuis si longtemps. 

Chemin de Cluny